Card. Raymond-Marie ROULEAU, O.P.

19. Card. Raymond-Marie Rouleau, O.P.
Dachowski Photography ©AAQ

Card. Raymond-Marie ROULEAU, O.P. (1866-1931)
Évêque de Valleyfield, 1923
19e évêque et 9e archevêque de Québec, 1926-1931
Cardinal, 1927


NOTICE[1]: Jean LeBlanc, Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada : les diocèses catholiques canadiens des Églises latine et orientales et leurs évêques : repères chronologiques et biographiques 1658-2012, Montréal, Wilson & Lafleur, 2e éd., 2012, pp. 1006-1007.
Avec l’aimable autorisation de la Maison d’édition, 17 mai 2019.


Né le 6 avril 1866 à l’Isle Verte dans le comté de Témiscouata (baptisé Félix, Raymond-Marie étant son nom de religion), fils d’un cultivateur et d’une mère de descendance écossaise,[2] il fit ses études primaires à l’école locale, apprenant aussi le latin chez son oncle curé, et ses études classiques au séminaire de Rimouski (1879-1885), où il prit la soutane en septembre 1885. Souffrant de phtisie, on rapporte qu’il en fut guéri à la suite d’un voeu, et pour cette raison revêtit l’habit des Dominicains à St-Hyacinthe[3] le 8 décembre 1886, prononçant ses premiers voeux le 3 août 1888, et ses voeux perpétuels le 4 août 1891.[4] Il fit sa théologie à Corbara en Corse (refuge des Dominicains français chassés du territoire métro­politain) de 1888 à 1894, où il eut comme professeurs les pères Gardeil et Sertil­langes, et fut ordonné prêtre à Corte le 31 juillet 1892 par Mgr de la Foata, évêque d’Ajaccio. De retour au Canada en 1894[5] après avoir obtenu le grade de lecteur en théologie[6], il fut nommé professeur et maître des novices à St-Hyacinthe[7] (août 1894-septembre 1897), directeur des études (1897-1898), et régent des études (1898-1900). Il devint en août 1900[8] prieur du monastère d’Ottawa, où il enseigna la théologie morale et pastorale, l’Écriture sainte et le droit canonique, tout en prêchant des retraites. Il assuma aussi à cette époque plusieurs autres fonctions : régent des études (1900-1919), défenseur du lien matrimonial à l’Officialité d’Ottawa, visiteur apostolique de congrégations religieuses. Il accompagna en 1909[9] Mgr Duhamel au concile plénier de Québec à titre de théologien. Il fut à Ottawa un conseiller écouté de la Délégation apostolique et un ardent défenseur des droits de la minorité franco-ontarienne lors de la fameuse querelle du Règlement XVII[10]. Il devint provincial des Dominicains du Canada le 2 juillet 1919. Il avait reçu le grade de maître en sacrée théologie le 12 juin 1909.

Élu le 9 mars 1923 2e évêque de Valleyfield, il fut sacré dans la cathédrale Ste-Cécile de Valleyfield le 22 mai par Mgr di Maria, archevêque titulaire d’Iconium et délégué apostolique, assisté de Mgr Couturier, évêque d’Alexandria, et de Mgr Gauthier, évêque titulaire de Philippopolis in Arabia et administrateur de Montréal. Promu le 9 juillet 1926 (et publié le 12) au siège archiépiscopal de Québec, dont il devint le 19e évêque et le 9e archevêque, il en prit possession le 8 novembre et reçut le pallium le 24 février 1927. Il devenait ainsi le deuxième religieux, après Mgr Duplessis de Mornay[11], à occuper le siège de Québec. Créé cardinal par Pie XI au titre presbytéral de S. Pietro in Montorio au consistoire secret du 19 décembre 1927, il reçut le chapeau au consistoire public du 22 décembre, et prit possession de son titre cardinalice le 2 janvier 1928.[12] Souffrant d’angine depuis plusieurs années[13], il mourut subitement au palais cardinalice de Québec le 31 mai 1931, et fut inhumé dans la cathédrale après les funérailles célébrées le 6 juin par le délégué apostolique, Mgr Cassulo. Il avait demandé de ne recevoir aucun éloge funèbre, remplacé par la lecture de son testament spirituel.Il ne participa à aucun conclave, et avait sacré trois évêques.[14]

[15]De stature imposante, un peu corpulent, d’apparence robuste mais en réalité de faible constitution, érudit (grand expert thomiste, aussi philosophe et canoniste), ce fut un excellent orateur[16]. Diplomate (il incita par exemple en 1930 le gouvernement à trouver un compromis dans le dossier des écoles juives), réservé tout en se révélant homme d’action, d’un jugement très sûr, fin causeur et même un peu taquin, il s’avéra excellent pédagogue et prudent administrateur. Il donna à Valleyfield la priorité à la formation de la foi (prédication dominicale catéchétique, participation des fidèles aux célébrations liturgiques, catéchèse pour les enfants) et à l’éducation du clergé (transformation en 1924 du collège de Valleyfield en petit séminaire, études théologiques au grand séminaire de Montréal plutôt que combinées à l’enseignement au séminaire comme auparavant, conférences ecclésias­tiques et retraites annuelles obligatoires). Il convoqua un synode en 1925, diminua la dette du diocèse, entreprit la visite de toutes les paroisses, favorisa les cercles agricoles et les coopératives, et agrandit l’hospice local. Mais il n’eut pas le temps à Québec de donner toute sa mesure. Il fut comme cardinal membre des S.C. de la Consistoriale, des Religieux, des Rites et de la Fabrique de St-Pierre. Il était le neveu du chanoine Luc Rouleau, curé de la cathédrale de Rimouski.

Devise : CHARITAS VERITATIS
Armoiries[17]: RC 103 ; HCC 316
Iconographie[18]: ARC 103

Mandements :

  • Œuvres pastorales de S.E. Mgr R.-M. Rouleau. 1 v. Valleyfield, 1923-26
  • Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec. v. 9, Québec, 1925.

Œuvres : Benoît XV et les écoles bilingues. Ottawa, 1918

Bibliographie[19]:

  • Plourde, A.-M. Qui sont-ils et d’où viennent-ils ? Nécrologue dominicain 1882-1964. Montréal, 1965, 103-105.
  • Plourde, A.-M. Dominicains au Canada ; album historique. Montréal, 1973, 104, 112.

[1] La notice biographique est légèrement différente dans le Dictionnaire biographique des cardinaux de la première moitié du XXe siècle (1903-1958). Cependant, certains passages du DBECC y sont manquant.

[2] Le Dictionnaire biographique des cardinaux de la première moitié du XXe siècle (1903-1958) ajoute ici : «dans une famille de onze enfants, ».

[3] Dans le Dictionnaire biographique des cardinaux est écrit : « Dominicains au noviciat de St-Hyacinthe ».

[4] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « Comme le Canada n’était pas alors détaché de la province dominicaine de France – il ne le sera qu’en octobre 1911 – et que les études supérieures n’y étaient pas encore organisées, »

[5] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute : « à l’été ».

[6] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « (ce qui équivalait au doctorat) ».

[7] Dans le Dictionnaire biographique des cardinaux est écrit : « novices au couvent de St-Hyacinthe ».

[8] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « lors du transfert du programme d’études à Ottawa ».

[9] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « l’archevêque d’Ottawa, ».

[10] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « portant sur l’enseignement du français dans les écoles publiques. ».

[11] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « (O.F.M. Cap.) ».

[12] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « Il devenait le troisième Dominicain au sein du Collège, qui comptait déjà les cardinaux Boggiani et Frühwirth. Lui furent affectées les S.C. suivantes : Consistoriale, Religieux, Rites, Fabrique de St-Pierre. ».

[13] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute ici : « et portant les séquelles d’un accident de la route survenu en octobre 1930, ».

[14] Phrase absente dans le DBECC, ajoutée dans le Dictionnaire biographique des cardinaux de la première moitié du XXe siècle (1903-1958).

[15] Le Dictionnaire biographique des cardinaux débute le paragraphe par : « Homme de jugement, doté d’une mémoire remarquable, grand travailleur, d’une piété plutôt austère accompagnée d’une grande dévotion mariale, il était… ».

[16] Le Dictionnaire biographique des cardinaux utilise plutôt le mot « prédicateur ». L’auteur ajoute aussi des informations à la phrase : « ce fut un excellent prédicateur (retraites pour le clergé et les communautés religieuses, missions paroissiales), et ses lettres pastorales portent la marque de la profondeur de sa culture. ».

[17] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute : AVA

[18] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute : AVA; MCH/image gallery

[19] Le Dictionnaire biographique des cardinaux ajoute : Auclair, E.-J. « Le cardinal Rouleau (1886-1931) », dans ses : Figures canadiennes. 1ère série. Montréal, 1933, 191-199.


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Photographies des portraits des évêques et archevêques du grand salon de l’Archevêché de Québec sur les originaux conservés au Musée de la civilisation (Collection Archevêché de Québec). Huile sur toile sauf  :

  • Card. VACHON : photographie originale par Kdel (Québec).
  • Card. OUELLET : photographie originale par Studio Guy Raymond (Québec)