Mgr Louis-Philippe MARIAUCHAU D’ESGLY

08. Mgr Louis-Philippe Mariauchau d'Esgly
Dachowski Photography ©AAQ

Mgr MARIAUCHAU D’ESGLY (1710-1788)
Coadjuteur, 1772;
8e évêque de Québec, 1784-1788


NOTICE: Jean LeBlanc, Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada : les diocèses catholiques canadiens des Églises latine et orientales et leurs évêques : repères chronologiques et biographiques 1658-2012Montréal, Wilson & Lafleur, 2e éd., 2012, pp. 815-816.
Avec l’aimable autorisation de la Maison d’édition, 17 mai 2019.


Né le 24 avril 1710 à Québec, dans une famille de bonne noblesse alliée aux Duchesnay et aux Chaussegros de Léry, fils d’un capitaine d’infanterie qui fut lieutenant du roi à Trois-Rivières (sa mère était une Chartier de Lotbinière, et il eut pour parrain le gouverneur de la Nouvelle-France, le marquis de Vaudreuil), il fit ses études classiques et théologiques au séminaire de Québec (1721-1734). Ordonné prêtre le 18 septembre 1734 par Mgr Dosquet, évêque de Québec, il fut nommé curé de la paroisse St-Pierre de l’Île d’Orléans, et desservit celle de St-Laurent de 1764 à 1774.

Élu le 22 janvier 1772, sur recommandation de Mgr Briand pressé par la famille d’Esgly et les autorités britanniques dont le gouverneur Carleton, évêque titulaire de Dorylaëum et coadjuteur de Québec, il fut sacré le 12 juillet dans la chapelle du séminaire de Québec par Mgr Briand, évêque de Québec, assisté de deux chanoines, Joseph-François Perreault, prévôt du chapitre, et Charles-Régis Blaise des Bergères de Rigauville, supérieur de l’Hôpital-Général. Il avait été nommé à la coadjutorerie par le chapitre, procédure dont la Propagande, tout en récusant sa validité formelle, accepta le résultat afin de ne pas déplaire au gouvernement colonial. Mais il ne reçut les pouvoir de sa charge que le 14 mars 1774, et fut nommé grand vicaire le 16. Il devint évêque en titre (le 8e) le 29 novembre 1784 lors de la démission de Mgr Briand, prenant possession de son siège le 2 décembre. Il demeura curé de St-Pierre (quelque 75 paroisses demeuraient encore sans pasteur) et continua d’y résider, ne venant à Québec que pour les ordinations (il en fit 11 en 1784, 1785 et 1786). Il mourut dans sa paroisse le 4 juin 1788, et y fut inhumé après les funérailles célébrées le 6. Sa dépouille mortelle fut transportée le 8 mai 1969 dans la crypte de la basilique de Québec.

Premier Canadien à porter la mitre, un peu sourd, à vrai dire sans grande envergure, il ne put, à cause de son âge et de ses infirmités, faire de visites pastorales (excepté en 1778 sur l’île d’Orléans alors qu’il était encore coadjuteur), et il délégua l’administration du diocèse davantage à son vicaire général et supérieur du sémi­naire, M. Gravé de La Rive, qu’à son coadjuteur, Mgr Hubert. Il donna dans ses dernières années des signes de sénilité (pertes de mémoire, directives contradictoires), source de conflits tant avec le vicaire général (qu’il démit même de ses fonctions) que le coadjuteur. Il fit beaucoup d’efforts pour recruter des prêtres en Europe (qui furent surtout de langue anglaise, le gouvernement s’opposant à l’entrée de prêtres français), et envoyer des missionnaires dans les Maritimes parlant anglais, parce que, comme son prédécesseur, il avait peu de ressources à consacrer aux missions indiennes. Il réussit néanmoins à nommer en octobre 1787 le P. James Jones, O.F.M. Cap., supérieur des missions de la Nouvelle-Écosse avec juridiction sur pratiquement toutes les Maritimes ; ce dernier réussit à recruter quelques prêtres irlandais, écossais et même émigrés français, ce qui permit d’avoir des pasteurs résidents et ainsi de stabiliser le ministère, mais aucun prêtre ne vint de Québec durant 15 ans. Il innova en choisissant un procureur à Londres pour servir d’intermédiaire auprès du gouvernement anglais et de la Propagande. Il avait une soeur chez les Ursulines, et était le neveu du grand vicaire Louis-Eustache Chartier de Lotbinière, qui avant son ordination avait été membre du Conseil supérieur.

Devise et armoiries : celles données par ARC 91 sont celles du diocèse
Iconographie : ARC 91
Mandements : Mandements des évêques de Québec. Québec, 1888, v. 2, 315-340
Bibliographie : on se reportera à la bibliographie compilée par J.-G. Pelletier, DBC/4, 552-553.


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Photographies des portraits des évêques et archevêques du grand salon de l’Archevêché de Québec sur les originaux conservés au Musée de la civilisation (Collection Archevêché de Québec). Huile sur toile sauf  :

  • Card. VACHON : photographie originale par Kdel (Québec).
  • Card. OUELLET : photographie originale par Studio Guy Raymond (Québec)